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Comprendre la boulimie : signes et complications à connaître

Lucie M

La boulimie mentale (ou nerveuse) est un trouble du comportement alimentaire (TCA) qui se caractérise par des épisodes de consommation alimentaire excessive. Ces crises boulimiques sont généralement suivies de comportements compensatoires tels que des purges. Cette sensation de perte de contrôle est toujours accompagnée d’un très fort sentiment de honte et de culpabilité.

Ce trouble peut avoir de graves conséquences sur la santé physique et mentale de la personne qui en souffre. De plus, les crises se faisant en cachette, un risque d’isolement social, amical et affectif est possible. Cette éviction accentue le mal-être et peut aggraver la pathologie. Zoom sur un TCA qui touche les femmes et les hommes.

C’est quoi la boulimie mentale ? (Définition)

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire (TCA) se caractérisant par des crises de gloutonnerie, aussi appelées crises de boulimie, accès hyperphagiques ou binge-eating. Lors de leur survenue, la quantité de nourriture ingérée est très largement supérieure à la normale, et ce, en un temps restreint.

Il s’associe à cela un sentiment de perte de contrôle : la personne boulimique ne parvient pas à s’arrêter de manger, ne contrôle plus ce qu’elle mange ni les quantités qu’elle ingurgite. Survient ensuite un sentiment de culpabilité et de honte qui conduit à des comportements compensatoires tels que le jeûne, la purge ou encore l’exercice physique excessif.

La boulimie mentale répond très souvent à un manque affectif : la nourriture devient alors un réconfort et permet de combler (de remplir au sens littéral du terme) un vide affectif.

C’est un comportement qui existait déjà durant l’antiquité. La littérature rapporte des orgies grecques et romaines pendant lesquelles les participants mangeaient en excès, jusqu’à s’en rendre malades et se faire vomir.

Selon les études et les chiffres de l’HAS (Haute autorité de santé), la prévalence de la boulimie est d’environ 1,5 % chez les jeunes filles de 11 à 20 ans. Toutefois, elle peut apparaître à n’importe quel âge. Contrairement à l’anorexie mentale, les hommes sont presque autant concernés que les femmes puisqu’ils représentent environ 30 % des personnes touchées. De plus, ces dernières ne présentent pas de maigreur, mais un poids normal, avec un IMC (indice de masse corporel) dans les normes la plupart du temps.

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Quelques chiffres sur les TCA en général
En France, 600 000 jeunes souffrent de TCA, 28 % des adolescentes sont concernées par des crises de boulimie et 19 % d’entre elles déclarent avoir des stratégies individuelles pour contrôler leur poids.
Tous TCA confondus, ces troubles constituent la 2e cause de mortalité prématurée chez les 15-24 ans, après les accidents de la route. Les tentatives de suicide touchent jusqu’à 35 % des boulimiques et 20 % des anorexiques. 50 % des personnes souffrant de TCA n’ont aucune prise en charge médicale.

Les critères diagnostiques de la pathologie selon le DSM-5

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, les critères diagnostiques de la boulimie reposent essentiellement sur 3 points :

  1. La survenue récurrente de crises d’hyperphagie : cette suralimentation peut représenter une absorption allant jusqu’à 3 000 calories par crise. En effet, les aliments industriels riches en gras, en sucres sont privilégiés, car ils ne nécessitent aucune préparation ;
  2. Des comportements compensatoires inadaptés et récurrents qui visent à éliminer les calories ingurgitées et à éviter de prendre du poids. On note en particulier l’utilisation de laxatifs, de purgatifs, de lavements, de diurétiques, de vomissements, etc. ;
  3. Une estime de soi détériorée.

Pour faire le diagnostic de la pathologie, les accès hyperphagiques (crise de boulimie) doivent survenir au moins une fois par semaine pendant 3 mois. Elle est ensuite classée en niveau de sévérité selon le nombre d’épisodes de comportements compensatoires inappropriés par semaine :

  • De 1 à 3 épisodes : légère.
  • De 4 à 7 épisodes : moyenne.
  • De 8 à 13 épisodes : grave.
  • Plus de 14 épisodes : extrême.
Diagnostic de la boulimie nerveuse
Pour faire simple, la boulimie se résume ainsi : accès hyperphagiques + comportements compensatoires. Mais, les critères diagnostiques de ce trouble du comportement alimentaire reposent également sur des comorbidités telles que des troubles de la sexualité, un syndrome dépressif ou des addictions diverses (drogues, alcool, sexe, sport…).

Quelle différence entre boulimie et hyperphagie boulimique ?

La boulimie et l’hyperphagie boulimiques sont deux TCA qui présentent des similitudes, mais aussi des différences importantes. Comme nous l’avons vu, la boulimie se caractérise entre autres par des épisodes compensatoires après les crises. Dans le cadre de l’hyperphagie boulimique, il n’existe pas d’épisodes de la sorte.

Les personnes atteintes d’hyperphagie boulimique ont également des accès de consommation excessive de nourriture, mais elles ne se purgent pas ou ne cherchent pas à compenser leur suralimentation d’une autre manière. Elles peuvent ressentir une grande détresse émotionnelle en raison de leur excès, mais elles ne cherchent pas à se débarrasser de la nourriture par la suite.

L’anorexie mentale avec crise boulimique

Il existe 2 types d’anorexie mentale :

  • L’anorexie restrictive dans laquelle la personne se prive de nourriture ;
  • L’anorexie mentale avec crises de boulimie : dans ce cas, il existe une alternance entre la privation de nourriture et des crises boulimiques avec l’absorption d’une grande quantité de nourriture. Ces dernières s’accompagnent ensuite d’épisodes de vomissements et/ou de prise de laxatifs.

Les symptômes de la boulimie nerveuse

Ils sont multiples. Les crises boulimiques restent le symptôme principal. L’envie irrépressible d’ingurgiter de grandes quantités de nourriture est le marqueur essentiel de la maladie, il y a comme une nécessité de combler un vide en mangeant.

Autre signe, la culpabilité et le sentiment de honte intenses ressentis après les crises, mais également possibles en dehors de celles-ci. La personne boulimique ressent du dégoût pour son corps et pour elle-même.

Le sentiment de perte de contrôle (craving) est également symptomatique : lors de la crise, il devient impossible de se maîtriser, de stopper l’ingestion de nourriture, jusqu’aux vomissements. Durant ces moments compulsifs de frénésie, tous les aliments peuvent être mangés : une boîte de raviolis froids, des aliments crus, du beurre, etc. Le plus souvent ce sont des produits riches en graisses et/ou en sucres. Cette prise alimentaire anarchique se fait généralement en cachette, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit et aucune notion de plaisir n’est recherchée dans le choix des aliments.

La mise en place de comportements compensatoires est un signe également. Pour éliminer l’apport calorique exponentiel avalé, la personne compense en se faisant vomir ou en prenant des laxatifs. Cette purge permet un soulagement fragile de la culpabilité et une sorte d’apaisement temporaire.

Les complications causées par le trouble boulimique

Les répercussions physiques

La boulimie ainsi que les comportements compensatoires divers engendrent de nombreuses complications :

  • Des règles irrégulières, voire une aménorrhée ;
  • Des érosions dentaires dues principalement aux vomissements. L’acide contenu dans ceux-ci crée des caries ou encore une perte de l’émail ;
  • Des arythmies cardiaques ;
  • Une déminéralisation osseuse avec un risque accru d’ostéoporose ;
  • Des troubles fonctionnels digestifs et intestinaux ;
  • Des troubles hydroélectrolytiques, notamment de l’hypokaliémie et de l’hyponatrémie ;
  • Des œsophagites peptiques ;
  • Une hypertrophie des glandes salivaires ;
  • Une insuffisance rénale ;
  • Une culpabilité intense pouvant entraîner des symptômes dépressifs ;
  • De multiples carences en vitamines.

L’impact sur la qualité de vie et la relation aux autres

En ce qui concerne les relations sociales, la boulimie peut avoir un impact significatif. Les personnes boulimiques ont généralement des difficultés à nouer des relations amoureuses ou amicales étroites, ce qui peut entraîner des comportements d’évitement ou une tendance à limiter les interactions sociales. Les sentiments de honte et de culpabilité associés à la pathologie peuvent également rendre la communication avec l’entourage difficile. Il peut même devenir impossible de parler ouvertement de la maladie, y compris à sa propre famille.

Rappelons que les prises alimentaires se déroulent à l’abri des regards, en cachette. La qualité de vie des personnes boulimiques s’en trouve donc affectée. La souffrance psychique est importante. De plus, les accès hyperphagiques ont un impact non négligeable sur le plan financier. En effet, les dépenses liées à l’achat des aliments peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par mois, voire par semaine lorsque les crises sont très fréquentes. Ces dépenses conduisent parfois à une situation de surendettement.

Comment aider les personnes à risque ?

Il existe plusieurs façons d’aider ces personnes vulnérables. Voici quelques conseils.

Tout d’abord, écoutez et offrez un soutien émotionnel : si vous pensez qu’une personne est à risque, il est important de lui offrir une oreille attentive. Écoutez ses préoccupations et dites-lui que vous êtes là pour elle. Encouragez-la à exprimer ses sentiments et à parler de ses préoccupations concernant la nourriture et le poids, sans jamais la juger.

Tentez de définir avec elle les causes de son mal-être et, a contrario, les choses qui pourraient lui faire du bien. L’encourager par exemple à pratiquer un sport régulièrement, à trouver une activité qui lui permettrait de s’évader et de mettre à distance les soucis rencontrés.

Bien sûr il est essentiel de tenter de la convaincre de consulter un professionnel de santé. Dans un premier temps, il peut s’agir d’un médecin généraliste ou d’un psychologue. Ces derniers pourront ensuite orienter davantage la personne en souffrance, si besoin, pour une prise en charge plus spécifique.

Si cette personne est très proche, ne pas hésiter à consulter soi-même un psychologue afin de décharger ses émotions et pouvoir continuer à être une personne aidante. Des groupes de soutien pour les proches existent également.

La boulimie, un TCA dangereux à connaître

En conclusion, la boulimie est un trouble alimentaire grave qui peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé physique et psychique d’une personne. Les causes de la boulimie mentale sont multiples, allant des facteurs psychologiques aux pressions sociétales en passant par des troubles physiologiques. Les symptômes sont variés, mais ils comprennent souvent des comportements alimentaires compulsifs, des conduites de compensation tels que les vomissements ainsi qu’une préoccupation excessive pour le poids et la forme corporelle.

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