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Deuil pathologique, c’est quoi ? (+ 5 clés pour réussir son deuil)

Généralement, un travail de deuil se fait en 5 étapes, selon un temps plus ou moins long, l’expérience du deuil étant propre à chacun. Malheureusement, pour certaines personnes le deuil peut devenir pathologique. Névrose, obsession, anxiété… la pathologie psychique qui vient se superposer au deuil ne fait que rendre plus complexe le travail de deuil. Une prise en charge est bien souvent nécessaire. Alors comment reconnaître un deuil pathologique ? Et comment parvenir à surmonter la perte et réussir à faire son deuil ?

Qu’est-ce qu’un deuil pathologique ?

On parle de deuil pathologique lorsqu’une pathologie physique ou un trouble psychique s’ajoute au moment de deuil. Outre la dépression amoureuse, diverses pathologies sont possibles : dépression chronique, névrose, obsessions voire psychoses allant jusqu’à l’état de délire. Dans tous ces cas, le travail de deuil devient encore plus compliqué et une prise en charge par des professionnels de santé est alors nécessaire afin de traiter la pathologie associée.

L’état névrotique

Les deuils à décompensation névrotique sont possibles. On retrouve notamment le processus de deuil hystérique qui se traduit par des réactions théâtrales. La personne va alors en quelque sorte « surjouer » ses émotions avec des pleurs ininterrompus, des cris, des hurlements, des attitudes et des postures exagérées.

Le deuil obsessionnel

Le symptôme majeur du deuil obsessionnel est une asthénie (une fatigue) intense à laquelle s’ajoutent des ruminations permanentes. Il se caractérise par un repli sur soi, de l’agressivité voire des sentiments de culpabilité. La personne se sent abandonnée et peut parfois croire que le disparu a été assassiné. Ce processus de deuil pathologique entraîne un risque de passage à l’acte suicidaire.

Les troubles anxieux, la dépression voire la mélancolie

Le deuil anxieux, comme son nom l’indique engendre une grande anxiété, parfois généralisée avec des troubles paniques.

Le deuil dépressif, également connu sous le nom de dépression liée au deuil, est une condition dans laquelle une personne éprouve à la fois les symptômes du deuil et ceux de la dépression majeure. C’est une réaction courante à la perte d’un être cher et cela peut compliquer le processus de deuil normal. Ceci est d’autant plus vrai s’il existait une dépendance affective avec la personne disparue. Les symptômes sont généralement :

  • Une tristesse intense et persistante ;
  • Une perte d’intérêt, de goût à la vie et de plaisir ;
  • Un sentiment d’inutilité ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • Des troubles du comportement alimentaire (TCA) ;
  • Des difficultés de concentration ;
  • Des idées noires, des pensées suicidaires.

Le deuil mélancolique est caractérisé par des symptômes de tristesse profonde et durable, associés à une détresse psychologique intense et à des difficultés à reprendre sa vie sans la personne décédée. Les pathologies associées sont ici la mélancolie ou la dépression mélancolique.

Le deuil psychotique, bien plus rare
Il se produit lorsque des symptômes tels que des hallucinations, des idées délirantes, une dépersonnalisation et/ou une confusion mentale se manifestent.

Pourquoi le deuil est-il si difficile ?

Nous nous attachons aux choses et aux personnes, c’est un processus normal. Nous sommes liés à notre famille, à notre partenaire, à nos enfants, à nos amis… Outre les personnes, nous pouvons également être très attachés à notre animal, notre maison, notre train de vie ou encore notre emploi.

C’est pourquoi, lorsque cela disparaît, c’est un véritable choc. Perdre un être cher avec lequel nous avons vécu une grande partie de notre vie et que nous aimons est un véritable déchirement. La vie peut alors paraître impossible et sans intérêt. Que dire des parents qui perdent un enfant ? Quelle douleur pourrait être plus grande ?

Mais, quoi qu’il se passe, la vie suit son cours et nous sommes obligés de nous habituer à la situation pour parvenir à reprendre notre chemin. La perte, l’absence et la douleur font alors partie de notre parcours et nous vivons avec elles, sans possibilité de faire autrement.

Qu’est-ce qu’un deuil national ? Pourquoi est-il déclaré ?
Un deuil national est une période de deuil officiellement déclarée par un pays en réponse à une tragédie nationale ou à un événement marquant qui a entraîné la perte de vies humaines ou causé une grande souffrance à la nation. C’est une expression collective de tristesse, de respect et de solidarité envers les victimes et leurs familles.

Comment surmonter la perte et réussir à faire son deuil ?

Pour que le deuil devienne une cicatrice et ne soit plus une plaie béante, il faut puiser en nous les ressources nécessaires. Être accompagné et obtenir du soutien peut s’avérer indispensable. Mais pourquoi est-il si compliqué de surmonter la perte et comment y parvenir ? Voici quelques pistes.

Surmonter le deuil est un processus complexe et individuel. Pour le traverser, parvenir à reprendre sa vie en main et poursuivre son chemin malgré tout, voici quelques conseils : exprimez vos émotions, cherchez du soutien, prenez soin de vous, soyez patient et commémorez la personne décédée (si vous faites face à la perte d’un proche).

Clé n° 1 : Donnez-vous le droit de ressentir et d’exprimer vos émotions

Vos émotions seront nombreuses et diffuses : la tristesse, la colère ou encore la confusion. Ne vous jugez pas, elles sont légitimes.

Trouvez simplement des moyens sains de les exprimer : pleurez, criez si nécessaire, parlez-en à vos proches, écrivez un journal intime, pratiquez la méditation, défoulez-vous en faisant du sport… Ne les refoulez pas : vos émotions expriment un besoin que vous devez entendre pour y répondre.

Clé n° 2 : Cherchez du soutien dans votre entourage ou auprès d’un professionnel

Vous n’êtes pas obligé de vivre seul cette épreuve. Votre famille, vos proches, vos collègues pourront sans aucun doute vous prêter une oreille attentive, faites-leur confiance. Partagez avec eux vos sentiments et vos souvenirs.

Si vous éprouvez des difficultés ou que vous vous sentez incompris, n’hésitez pas à faire appel à un psychologue ou un psychothérapeute. Eux aussi sauront trouver les mots qu’il faut et vous écouter, sans jugement.

Les animaux aussi font face au deuil
Si l’on reconnaît aujourd’hui que perdre un animal peut être un véritable traumatisme, savez-vous que nos animaux de compagnie également réagissent face au décès de leurs propriétaires ou de leurs congénères ? Difficile ici de ne pas évoquer le destin hors du commun d’Hachikō, ce chien nippon qui a attendu chaque jour durant 10 ans le retour de son maître décédé, devant la gare de Tokyo.

Clé n° 3 : Prenez soin de vous

Accordez une attention particulière à votre bien-être physique et émotionnel. Essayez de prendre soin de vous chaque jour, même si vous n’en avez pas envie. Veillez également à bien manger, à dormir suffisamment et à faire de l’exercice.

Pensez à prendre l’air, à aller vous promener en forêt ou en bord de mer, aller voir des amis et à conserver du temps libre pour vous adonner à vos passions.

Clé n° 4 : Soyez patient envers vous-même

Le deuil est un processus long et difficile : ne vous fixez pas de calendrier, pas d’échéance de fin de deuil signifiant « à telle date, je dois aller mieux ». Nous sommes uniques et ce qui vaut pour l’un ne vaut pas forcément pour l’autre, alors faites les choses à votre rythme.

Clé n° 5 : Commémorez la personne disparue

Pourquoi ne pas commencer un album photo, l’écriture d’une lettre ou de mettre en place un petit rituel personnel ? Cela vous permettra de vous connecter avec l’être cher disparu dans le cas d’un décès. Votre partenaire rêvait de faire un voyage en Islande ? Pourquoi ne pas envisager d’y aller seul, comme un événement commémoratif ?

Il y a des centaines de manières de commémorer ce que vous avez perdu : le plus important étant de trouver la bonne, celle qui aura du sens pour vous.

Comment savoir si l’on a fait son deuil ?

Le processus de deuil est personnel et unique pour chaque individu. Lors des différentes étapes de deuil, certaines personnes peuvent avoir la sensation de parvenir au bout du processus, de se sentir plus fortes puis elles retombent dans une étape précédente et doivent ainsi reprendre le travail d’acceptation.

Il n’y a pas de ligne directe ou de calendrier précis pour savoir si l’on a « fait son deuil« . Cependant, quelques signes peuvent indiquer que vous avez progressé dans votre processus de deuil :

  • Acceptation de la situation ;
  • Adaptation à la vie dans l’objet de la perte ;
  • Être émotionnellement stable ;
  • Être capable de se remémorer des souvenirs positifs ;
  • Avoir instauré de nouvelles routines ;
  • Prendre soin de soi.

Il est possible d’estimer que l’on a fait son deuil lorsqu’il devient possible d’évoquer la personne, la situation ou la perte sans sombrer à nouveau dans les émotions trop négatives.

Surmonter le deuil est possible

Prendre soin de soi, communiquer, montrer ses émotions, se donner du temps et savoir s’entourer est primordial pour reprendre son parcours de vie sans laisser éclater des sanglots à la simple évocation de cette perte. C’est cela faire son deuil : il vous appartient, il vous est propre et vous seul savez quand il arrive à sa fin.

Écoutez-vous, faites-vous confiance et n’hésitez à consulter un professionnel de santé si vous sentez que vos sentiments ou votre tristesse vous envahissent outre mesure et que vous ne parvenez plus à faire face au tsunami qui a déferlé sur vous. Le deuil est un voyage personnel, balisé par des émotions profondes et complexes, mais nous pouvons progressivement aller vers la guérison, l’apaisement, la résilience et la paix intérieure.

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