Vize

L’angoisse de séparation, c’est quoi ? (+ Symptômes fréquents)

Lucie M

Un enfant en bas âge qui pleure, se lamente et se cramponne à ses parents lorsqu’ils le déposent à la crèche ou quittent une pièce : tous les parents ont déjà vécu cette situation. L’angoisse de séparation est une réaction émotionnelle tout à fait normale à cet âge. Elle se manifeste le plus souvent chez les tout-petits entre 8 et 24 mois au moment où leur père, leur mère ou l’une de leurs figures d’attachement s’éloigne d’eux.

Dès lors que cette angoisse persiste pour se muer en anxiété excessive, le seuil de la pathologie est franchi. Il s’agit d’ailleurs du trouble anxieux le plus fréquent chez l’enfant de moins de 12 ans. Néanmoins, ce dernier peut aussi se manifester chez l’adulte. Dans ce cas, l’angoisse découlant de la séparation avec les êtres chers s’étire sur six mois ou plus.

Quel que soit l’âge auquel le trouble s’enracine, il provoque une détresse très importante chez le sujet et altère significativement son fonctionnement social, scolaire ou professionnel. Comment différencier l’angoisse de séparation temporaire de l’anxiété déraisonnable ? Comment se manifeste ce trouble anxieux ? Et surtout, quelles solutions s’offrent à vous ou à votre enfant ? Les experts de PsyVize vous répondent.

cta-psyvize-icon-2-1
cta-psyvize-icon3
Suis-je sujet au trouble anxieux ? (Anxiété / Angoisse)
Vous vous sentez souvent anxieux ou angoissé ? Vous vous demandez c’est « normal », si vous êtes « comme ça » ou si au contraire, quelque chose se cache derrière tout ça ? Faîtes notre test gratuitement

L’angoisse de séparation : de quoi s’agit-il ? (Définition)

L’angoisse de séparation est une étape attendue dans le processus de développement psychique de l’enfant en bas âge. Elle s’estompe aux alentours de deux ans suite à l’acquisition d’un certain nombre de compétences d’adaptation émotionnelle. Mais lorsque l’angoisse laisse place à une anxiété et à une détresse profondes, il est question d’anxiété de séparation. Ce trouble anxieux touche les enfants comme les adultes.

Une réaction émotionnelle fréquente chez les jeunes enfants

Refus de laisser ses parents s’éloigner, inquiétude en présence d’inconnus, crises de larmes au moment de la séparation : toutes ces manifestations de l’angoisse font partie du processus de développement émotionnel et social chez l’enfant. Elles se produisent dès le plus jeune âge, quand le tout-petit prend conscience de son indépendance vis-à-vis de ses parents. Il comprend alors qu’il existe en tant que personne à part entière.

Dès les premières semaines de sa vie, un nourrisson noue un lien étroit avec les personnes qui prennent soin de lui. La mise en place de ce lien d’attachement est capitale pour le bien-être et la survie du bébé. Il se sent sécurisé et protégé en présence de ses figures d’attachement. L’angoisse de séparation apparaît quand naît un sentiment d’insécurité et de détresse face à l’absence des parents.

Théorie de l’attachement et angoisse de séparation
Le psychiatre britannique John Bowlby est l’un des premiers à avoir théorisé la notion d’attachement, en démontrant l’importance des liens émotionnels pour un tout-petit. Leur qualité impacte le développement émotionnel et social ultérieur de l’enfant. Dans ce cadre, Bowlby a mené des travaux sur l’angoisse de séparation. Selon lui, il s’agit d’une réaction normale et adaptative. Les figures d’attachement représentent en effet la sécurité et la protection dans la psyché d’un jeune enfant.

À partir de quel âge un bébé a-t-il peur de l’abandon ?

Un bébé a peur de l’abandon dès lors qu’il développe une compréhension plus complexe de ses interactions avec ses parents et les personnes qui s’occupent de lui. Il ressent alors de l’angoisse, qu’il manifeste en pleurant, en s’agitant ou en tentant de les retenir physiquement.

Généralement, un tout-petit réalise que ses figures d’attachement peuvent s’éloigner aux alentours de huit mois. C’est d’ailleurs le moment où il commence à se déplacer en rampant ou à quatre pattes, ce qui fait coïncider séparation physique et psychique.

Entre huit mois et deux ans, l’enfant part à la découverte de son environnement. Il se confronte à des situations inédites et rencontre de nouvelles personnes. Face à l’inconnu, il se sent incertain voire anxieux. C’est pourquoi il recherche la familiarité et la sécurité des êtres qui prennent habituellement soin de lui. La peur de l’abandon atteint son apogée lors de cette période, ce qui donne lieu à des réactions intenses quand vient la séparation.

Combien de temps dure l’angoisse de séparation ?

L’angoisse de séparation diminue progressivement passé le cap des deux ans. Plus un petit accumule des expériences de séparation et de réunification adaptées, plus il apprend à faire face efficacement à la peur de l’abandon grâce à ses compétences sociales et émotionnelles. À terme, il renforce son sentiment de sécurité et sa relation de confiance avec ses figures d’attachement.

La durée de l’angoisse de séparation varie d’un enfant à l’autre et il n’existe pas de règle universelle. Les tout-petits ressentent de l’anxiété à des degrés variables, certains plus longtemps que d’autres. Divers facteurs entrent en jeu, tels que l’environnement familial, les liens d’attachement et le ressenti de l’enfant lors des expériences de séparation.

L’objectivité permanente ou la permanence de l’objet
Au fil de son développement cognitif, l’enfant acquiert la notion de permanence de l’objet. Concrètement, il comprend que les objets et les personnes continuent d’exister même s’il ne les voit pas. Le psychologue suisse Jean Piaget est à l’origine de ce concept. L’angoisse de l’enfant décroît à mesure que cette prise de conscience s’opère. Si une figure d’attachement s’absente, il comprend que cette dernière existe toujours ailleurs, même si elle n’est pas présente à ce moment-là.

De l’angoisse de séparation commune de l’enfant au trouble anxieux

Lorsque les manifestations de l’angoisse de séparation persistent ou s’expriment de manière disproportionnée, ce qui relève du développement normal de l’enfant bascule vers la pathologie. L’article « Troubles de l’angoisse de séparation et de l’attachement » paru dans la revue européenne du développement de l’enfant Devenir permet de mieux cerner les contours de l’angoisse de séparation pathologique.

cta-psyvize-icon-2-1
cta-psyvize-icon3
Suis-je sujet au trouble anxieux ? (Anxiété / Angoisse)
Vous vous sentez souvent anxieux ou angoissé ? Vous vous demandez c’est « normal », si vous êtes « comme ça » ou si au contraire, quelque chose se cache derrière tout ça ? Faîtes notre test gratuitement

Cette dernière représente le trouble anxieux de l’enfance le plus fréquent. Elle toucherait jusqu’à 9 % des petits entre deux et trois ans, et 7 % de ceux entre cinq et six ans. Leur détresse au moment de la séparation atteint des sommets et persiste, ce qui entrave leur développement émotionnel et social.

Jaqueline Wendland et les co-auteurs de l’article décrivent le comportement des enfants souffrant d’angoisse de séparation. Ces derniers montrent de la tristesse jusqu’au retour de leurs parents là où les autres se remettent rapidement de leur chagrin. Les petits peinent à s’intégrer au sein du groupe et restent à l’écart sans parvenir « à se laisser absorber par les activités proposées. » Dans le contexte familial, ils ont tendance à rester scotchés à leurs parents et à refuser de s’endormir seuls.

L’anxiété de séparation reste sous-évaluée chez l’enfant
Dans La Peur de la séparation de l’enfance à l’âge adulte, le pédopsychiatre Daniel Bailly explique que les parents et les enseignants tendent à surévaluer les troubles du comportement considérés comme perturbateurs (TDAH par exemple) tandis qu’ils perçoivent plus difficilement les réactions anxieuses de l’enfant. Alors que l’anxiété de séparation débute généralement aux environs de six ou sept ans, la première demande de soins se fait rarement avant dix ou onze ans.

Un trouble qui touche également les adolescents et les adultes

L’angoisse de séparation ne touche pas que les jeunes enfants. Certains adolescents et adultes craignent démesurément la séparation avec les personnes auxquelles ils sont étroitement attachés : membres de leur famille, amis proches, partenaire amoureux.

Les classifications médicales officielles préfèrent la dénomination d’anxiété de séparation pour qualifier ce trouble. L’anxiété s’avère disproportionnée par rapport à la réalité de la séparation. Elle entraîne également des difficultés significatives dans le quotidien du principal concerné.

Le DSM-5, manuel de référence rédigé par l’Association américaine de psychiatrie, précise que les adultes peuvent souffrir conjointement d’une autre pathologie : anxiété généralisée, anxiété sociale, trouble panique, agoraphobie, TOC, phobies spécifiques (claustrophobie ou peur de conduire par exemple), trouble de stress post-traumatique. Certains manifestent les symptômes d’un trouble dépressif quand d’autres sont davantage sujets à la dépendance affective, notamment à la dépendance affective dans le couple.

À lire aussi : Éco-Anxiété : Définition, Causes, Symptômes, Solutions

7 symptômes caractéristiques de l’angoisse de séparation

La littérature scientifique reconnaît plusieurs signes caractéristiques de l’anxiété de séparation. Le diagnostic repose sur la présence de trois manifestations de l’angoisse au minimum. Ces dernières traduisent une anxiété démesurée et inappropriée concernant la séparation avec une ou plusieurs figures d’attachement.

Symptôme n° 1 : La crainte exagérée de perdre définitivement ses proches

Premier signe typique de l’angoisse de séparation pathologique : vous redoutez plus que tout d’être privé définitivement de votre partenaire, de vos parents ou de vos enfants. Vous vous souciez de manière excessive et persistante du malheur qui pourrait s’abattre sur eux, comme un accident, une maladie, un enlèvement ou la mort.

Symptôme n° 2 : L’angoisse excessive à l’idée d’être séparé de ses figures d’attachement

L’absence temporaire des êtres chers vous plonge dans une détresse excessive et récurrente. Vous avez constamment besoin de savoir où ils se trouvent (vous leur envoyez sans cesse des messages par exemple). Votre anxiété atteint son paroxysme quand vous vous trouvez hors de la maison. Le fait d’anticiper ces séparations vous angoisse tout autant.

cta-psyvize-icon-2-1
cta-psyvize-icon3
Suis-je sujet au trouble anxieux ? (Anxiété / Angoisse)
Vous vous sentez souvent anxieux ou angoissé ? Vous vous demandez c’est « normal », si vous êtes « comme ça » ou si au contraire, quelque chose se cache derrière tout ça ? Faîtes notre test gratuitement

Symptôme n° 3 : Les cauchemars récurrents portant sur la séparation

Vous avez tendance à faire des cauchemars répétitifs et envahissants dont le scénario traduit votre anxiété de séparation. Vous rêvez par exemple qu’un tueur abat froidement vos figures d’attachement, qu’un terrible incendie anéantit toute votre famille, ou encore qu’une catastrophe naturelle comme un tsunami vous sépare pour toujours de votre conjoint.

Symptôme n° 4 : Les troubles psychosomatiques

Vous ressentez des symptômes psychosomatiques lorsque vous vivez des situations de séparation ou les anticipez. Ces derniers découlent directement de votre état émotionnel et psychologique. Il peut s’agir de palpitations, de sensations de vertige ou d’évanouissement, voire de véritables crises d’angoisse, parfois sans raison apparente.

Les symptômes psychosomatiques chez l’enfant
Chez l’enfant, l’anxiété déclenche ou exacerbe des symptômes physiques différents de ceux qui se manifestent à l’adolescence ou à l’âge adulte : maux de tête, douleurs abdominales, nausées, vomissements.

Symptôme n° 5 : L’évitement des situations de séparation

Vous évitez autant que possible les situations qui vous éloignent des êtres auxquels vous êtes liés afin d’apaiser votre angoisse. Vous mettez en place des astuces pour ne pas quitter votre domicile si un membre de votre famille y est présent. Vous ne voyagez jamais sans vos proches.

Vous allez même jusqu’à vous priver de certaines activités sociales dès lors qu’elles impliquent une séparation. Ces stratégies d’évitement créent un véritable cercle vicieux. Plus vous limitez les occasions de vous épanouir seul, plus vous nourrissez votre angoisse et vous enfermez dans la dépendance à l’autre.

Symptôme n° 6 : La difficulté à dormir seul la nuit

Quand vient la nuit, vous vous sentez profondément vulnérable si votre conjoint (ou un autre membre de la famille) ne se trouve pas à proximité. Vous préférez l’attendre pour aller vous coucher, même si vous tombez de sommeil. Vous êtes très réticent à l’idée de dormir hors de la maison (chez des amis ou à l’hôtel) si vous êtes seul. Lorsque c’est le cas, vous peinez à vous endormir et connaissez des angoisses nocturnes.

Des comportements révélateurs chez l’enfant
Les enfants sujets à l’angoisse de séparation insistent souvent pour que quelqu’un reste à leurs côtés jusqu’à ce qu’ils s’endorment. Ils ont tendance à retarder le plus possible le moment d’aller au lit et sont très à cheval sur les rituels du coucher. Durant la nuit, ils rejoignent le lit de leurs parents ou celui d’un autre membre de la famille, comme un frère ou une sœur.

Symptôme n° 7 : La recherche de contact et de proximité physique

Votre quête de contact et de proximité physique représente autant de tentatives de soulager votre anxiété de séparation. Vous êtes parfois un peu « pot de colle » avec vos proches. Vous les suivez partout et recherchez sans cesse le réconfort d’un câlin. Vous éprouvez un inconfort important lorsque vous êtes sans eux, même s’il s’agit d’une courte période.

Reconnaître l’anxiété de séparation
Si l’angoisse de séparation reste une réaction attendue chez le jeune enfant, des signes comme la recherche constante de proximité physique, la peur excessive de perdre ses figures d’attachement et l’évitement des situations de séparation peuvent laisser penser à un trouble anxieux.
L’accompagnement d’un professionnel de santé et le soutien de l’entourage proche jouent un rôle clé dans l’épanouissement émotionnel des tout-petits, des adolescents et des adultes qui souffrent d’anxiété de séparation. Que votre enfant se trouve dans une telle situation ou que vous soyez vous-même concerné, ne vous isolez pas davantage : nos psychologues vous accompagnent.
Votre thérapie à 90 € pour 1 mois complet

Votre accompagnement en thérapie pendant 30 jours à partir 90 € le mois complet. (Échange tous les jours avec un psychologue spécialisé et diplômé 5J/7)

Choisissez un(e) psychologue spécialisé dans votre problématique et démarrez votre programme d’accompagnement immédiatement.

3 psychologues en ligne