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Eco-Anxiété : comprendre, évaluer et gérer l’angoisse climatique

Lucie M

Réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles, pollution de l’air et de l’eau… Une grande partie de la population prend conscience des répercussions délétères de l’activité humaine sur la planète. Ce qui entraîne une réponse émotionnelle plus intense chez certaines personnes.

L’éco-anxiété : ce terme ne vous est sans doute pas étranger. Très populaire sur les réseaux sociaux et dans les médias, il renvoie à l’anxiété et à la détresse psychologique qui se manifestent en réponse aux problématiques environnementales et à la crise écologique.

Si les jeunes générations sont particulièrement sensibles aux menaces qui pèsent sur l’environnement, la majorité des individus touchés par l’éco-anxiété ressentent un réel sentiment d’impuissance face à l’avenir incertain de la planète et de l’humanité. Zoom sur un sujet d’actualité, au carrefour de la psychologie et de la cause environnementale.

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L’éco-anxiété ou l’angoisse face à la menace climatique

L’éco-anxiété suscite bien des débats, notamment parce que sa définition n’est pas figée et qu’elle suscite la réflexion au sein de la communauté scientifique. Cette notion recouvre une large palette d’émotions et de ressentis, sans pour autant être interchangeable avec le concept de solastalgie.

Définition de l’éco-anxiété

De plus en plus usité, le nom féminin « éco-anxiété » a fait son entrée dans les pages du Robert en 2023. Le dictionnaire définit ce terme comme « l’anxiété provoquée par les menaces environnementales qui pèsent sur notre planète. »

Ce néologisme repose sur l’association du préfixe « éco- » (du grec oikos, signifiant « maison, habitat ») et du nom « anxiété », renvoyant à la fois à une inquiétude transitoire et au trouble psychique découlant de la crainte d’un danger à venir.

Véronique Lepaige a inventé et conceptualisé cette notion. Elle est la première à employer le terme d’éco-anxiété dans ses travaux en 1997. À cette période, la chercheuse en santé publique belgo-canadienne se penche sur les émotions et les sentiments de la population face aux grands bouleversements environnementaux. Elle constate alors une forme de mal-être liée à la prise de conscience des changements planétaires.

L’éco-anxiété, un stress « pré-traumatique »
La psychiatre américaine Lise Van Susteren met l’accent sur le stress « pré-traumatique » dans sa définition de l’éco-anxiété. Contrairement au stress post-traumatique et à ses symptômes, ce dernier se manifeste en réponse à la perception d’une menace future pesant sur l’environnement, même chez celles et ceux qui n’ont pas été confrontés directement à des catastrophes naturelles. Cet état de stress est associé à une vigilance exacerbée et à des réactions préventives pour parer les menaces éventuelles.

Une pathologie moderne ?

L’éco-anxiété est-elle pathologique ? Le psychologue clinicien Kévin Hiridjee explique que deux visions émergent. Première possibilité, l’angoisse écologique relève du « symptôme psychique », ce qui implique de soigner ou de guérir la pathologie. Seconde possibilité, l’éco-anxiété est plutôt un synonyme de discernement et de clairvoyance, auquel cas elle n’a rien de pathologique et s’apparente même à un « déclencheur pour agir. »

Le psychologue et psychanalyste Jean-Baptiste Desveaux penche plutôt pour cette seconde option. Dans La crainte de l’effondrement climatique, il qualifie l’éco-anxiété d' »angoisse lucide » et la place à mi-chemin entre la peur et l’angoisse (qui, par définition, ne porte sur aucun objet précis).

En effet, l’anxiété écologique relève bel et bien d’événements et de faits avérés (une tempête par exemple). La lecture des Rapports d’évaluation du GIEC le confirme. Néanmoins, ces objets sont source d’incertitude et appartiennent à un futur incertain. L’épidémiologiste Alice Desbiolles qualifie l’éco-anxiété de « réaction adaptative » légitime lorsque les enjeux écologiques sonnent comme une évidence.

En tout état de cause, l’American Psychological Association (APA) ne classe pas l’éco-anxiété parmi les troubles anxieux dans le DSM-5, le Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux. Cependant, dans son rapport de mars 2017 portant sur les liens entre bouleversements climatiques et santé mentale, l’APA ne nie pas la peur provoquée par le changement climatique, à l’échelle individuelle et sociétale.

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Qui sont les éco-anxieux ?

L’éco-anxiété ne se limite pas à une poignée d’individus. Même si elle ne reflète pas le ressenti de la population française générale, la grande enquête menée par la psychothérapeute Charline Schmerber, pour mieux saisir les mécanismes de l’anxiété environnementale, offre un éclairage intéressant. Les éco-anxieux ont majoritairement entre 26 et 45 ans et sont plutôt des femmes CSP+ vivant dans un cadre urbain.

Selon Charline Schmerber, l’éventail d’émotions et de ressentis par les individus interrogés s’étend au-delà de l’anxiété. La colère arrive en tête, suivie par la tristesse et l’impuissance. Le top 3 des sources d’éco-anxiété repose sur la perte de la biodiversité, la problématique des ressources en eau et le réchauffement climatique.

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L’étude Dans la tête des éco-anxieux menée par la fondation Jean Jaurès retransmet les préoccupations des jeunes de 18 à 30 ans face aux bouleversements climatiques. L’inaction des décideurs et des gouvernements engendre un fort sentiment de colère chez les participants, suivi par la peur et l’angoisse. Incapacité à se projeter, perspective d’un effondrement, choix du lieu de vie : la vision de l’avenir des éco-anxieux laisse peu de place à l’espoir lorsqu’on leur demande de se projeter dans leur vie en France et en Europe en 2050.

Dans son essai L’éco-anxiété, Alice Desbiolles distingue quatre profils pour exprimer la diversité des ressentis et des comportements : les éco-anxieux relatifs, engagés ou non, et les éco-anxieux absolus, engagés ou non. Les premiers sont inquiets tout en parvenant à garder leur inquiétude sous contrôle. D’après Alice Desbiolles, les seconds « vivent et pensent le monde au travers du prisme de leur éco-anxiété. »

Les jeunes générations sont désabusées
Les chiffres parus dans la revue The Lancet Planetary Health, suite à l’étude scientifique « Young People’s Voices on Climate Anxiety, Government Betrayal and Moral Injury: A Global Phenomenon », sont frappants. Parmi les jeunes Français âgés de 16 à 25 ans, les trois quarts considèrent que l’avenir est effrayant. 77% estiment qu’on n’a pas su prendre soin de la planète.

Quelles nuances avec la solastalgie ?

Début des années 2000. Des fermiers australiens se désolent lorsque l’exploitation de mines de charbon à ciel ouvert défigure la nature tout en créant une forte pollution lumineuse et sonore. Le cadre de vie qu’ils aimaient tant vient de disparaître à tout jamais. Ce ressenti rétrospectif caractérise la solastalgie.

Le chercheur australien Glenn Albrecht a créé ce terme pour mettre un mot sur les divers ressentis d’un individu lorsqu’il fait face à la perte ou à la dégradation de l’environnement qu’il chérissait. Dans son Petit guide de survie pour éco-anxieux, Charline Schmerber explique que ce néologisme est formé sur le latin solacium (signifiant « réconfort ») et sur la racine grecque algie (renvoyant à l’idée de douleur).

Contrairement à l’éco-anxiété, la solastalgie ne repose pas sur une anticipation mais sur un vécu. C’est pourquoi l’épidémiologiste Alice Desbiolles les qualifie de « faux jumeaux » dans son ouvrage L’éco-anxiété. Vivre sereinement dans un monde abîmé.

Les causes de l’anxiété écologique

De nombreux paramètres liés au fonctionnement général du monde font le lit de l’éco-anxiété. Ces derniers concernent tour à tour l’environnement, la société, l’économie, la politique ou la sphère individuelle.

Cause n° 1 : La prise de conscience des problèmes environnementaux

Impossible de rester de marbre face à l’urgence écologique. Les rapports scientifiques et les études sur le climat mettent en garde le grand public. Ils tirent la sonnette d’alarme à propos du changement climatique, de l’impact sur la biodiversité et de la dégradation des écosystèmes. En France et dans le monde, de plus en plus de personnes abordent avec lucidité les répercussions délétères de l’activité humaine sur la planète.

Face aux désastres qui s’annoncent dans les décennies à venir, la majeure partie de la population prend conscience de la nécessité d’actions immédiates. La communauté scientifique affirme que le temps est compté. Ce sentiment d’urgence entraîne de la frustration, une impression d’impuissance et des inquiétudes bien légitimes quant au destin de la planète et de l’humanité.

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Dans son essai Entretenir l’espoir entre éco-anxiété et solastalgie, la chercheuse en psychologie sociale Christina A. Popescu se demande pourquoi les changements climatiques perturbent tant une partie des individus. Selon elle, cette prise de conscience s’opère quand nous comprenons notre dépendance aux écosystèmes. Elle s’appuie sur le concept d' »identité environnementale », cher à la psychologue Susan Clayton, pour appuyer ses dires. Ce dernier fait référence à l’attachement émotionnel envers la nature ainsi qu’à un fort sentiment d’appartenance à l’écosystème mondial.

Cause n° 2 : L’abondance d’informations anxiogènes

Dans notre société ultra connectée, médias et réseaux sociaux délivrent fréquemment des informations alarmantes. Catastrophes naturelles imminentes, rapports sur la dégradation de la biodiversité, prévisions sombres sur le climat et autres récits similaires à propos de la destruction de la planète créent toutes les conditions d’un climat de peur chronique et d’anxiété.

L’ampleur et la fréquence de ces informations anxiogènes mènent à une forme de saturation médiatique. L’angoisse et le désespoir s’emparent des 18-30 ans mais aussi des autres générations. De plus, l’accès instantané à l’information représente une source de confusion, complexifiant ainsi la distinction entre les faits et les différents points de vue qui s’affrontent. Cette incertitude participe à l’anxiété écologique.

Cause n° 3 : L’inaction des grandes puissances

« Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos mots creux. […] Des écosystèmes entiers s’écroulent, nous sommes à l’aube d’une nouvelle extinction de masse et tout ce que vous trouvez à dire, c’est parler d’argent. » Vous vous rappelez certainement les accusations de la militante écologiste suédoise Greta Thunberg en 2019. La jeune femme faisait alors face aux dirigeants des grandes puissances lors du sommet de l’ONU sur le climat aux États-Unis.

La plupart des éco-anxieux peinent à accorder leur confiance aux institutions chargées de prendre des décisions importantes. Leur inaction génère de la frustration et un fort sentiment d’impuissance. Le manque d’engagement concret de la part des dirigeants et des décideurs alimente l’éco-anxiété chez celle et ceux qui sont conscients de la gravité de la crise environnementale.

Un manque d’actions décisives à l’échelle planétaire
Accords internationaux sur le climat quasi ignorés, politiques environnementales minimisées. Malgré leurs actions personnelles, nombre d’individus ont l’impression que leurs efforts sont vains et qu’ils ne peuvent pas avoir un impact significatif dans la résolution de la crise écologique. La lenteur de réponse des grandes puissances, face aux preuves scientifiques et aux appels urgents à agir, crée un fort sentiment de découragement.

Comment se manifeste l’éco-anxiété ? 5 symptômes majeurs

Inquiétude incommensurable, émotions négatives, refus d’enfanter : l’éco-anxiété se manifeste à travers un large panel de signes, dont certains se rapprochent des symptômes propres aux troubles anxieux.

Symptôme n° 1 : Une préoccupation permanente pour les problèmes environnementaux

Premier des symptômes de l’éco-anxiété, la préoccupation permanente pour les problèmes environnementaux se caractérise par une focalisation constante et une forte inquiétude en ce qui concerne les crises écologiques. Vous êtes certainement incollable sur les effets de la pollution, le déclin de la biodiversité ou les conséquences de la déforestation.

Vous avez peut-être tendance à collecter sans cesse de nouvelles informations, en décryptant les rapports scientifiques et en consultant fréquemment les médias. Dans votre vie quotidienne, les enjeux environnementaux envahissent souvent vos pensées. Vos ruminations portent sur l’impact des dégâts sur la planète, les écosystèmes et les espèces. Elles finissent par perturber votre équilibre émotionnel.

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Symptôme n° 2 : Une inquiétude marquée concernant l’avenir

Ressentez-vous une inquiétude croissante quant à l’avenir de la planète, de l’environnement et de l’humanité ? Par exemple, vous vous interrogez avec angoisse à propos des conséquences du changement climatique sur les ressources naturelles, la sécurité alimentaire ou les conditions de vie futures. Vous vous posez 1001 questions sur la survie des espèces et des écosystèmes.

Votre inquiétude peut également découler de l’incapacité des grandes puissances à instaurer des cercles vertueux pour résoudre les problématiques environnementales urgentes. Ces incertitudes face à un avenir incertain amplifient votre mal-être. Vous n’êtes pas serein, tant pour vous-même que pour les générations futures et la planète dans son ensemble.

Symptôme n° 3 : Un refus d’avoir des enfants, très fréquent chez les climato-anxieux

Le refus d’avoir des enfants fait partie des signes forts de l’éco-anxiété et découle de préoccupations bien légitimes quant au devenir de la planète. Comme de nombreuses personnes angoissées par la dégradation de l’environnement, vous avez fini par remettre en cause la décision de devenir parent.

Vous avez la hantise de faire naître un enfant dans un monde confronté à une pénurie de ressources et à des catastrophes naturelles toujours plus nombreuses. Vous projetez bien malgré vous l’impact des problèmes environnementaux sur les conditions de vie futures. Il se peut que vous ressentiez une forte culpabilité à l’idée de procréer, parce que cela créerait une pression supplémentaire sur les ressources naturelles et l’équilibre mondial.

37 % des 16-25 ans refusent tout projet parental
D’après l’étude conduite par la fondation Jean Jaurès sur le ressenti des jeunes éco-anxieux, 37 % des 16-25 ans remettent en cause tout projet parental à cause du changement climatique. Trois arguments récurrents reviennent : l’égoïsme lié au fait de faire un enfant, la participation à la surpopulation ainsi que l’environnement dégradé voire invivable transmis en héritage.

Symptôme n° 4 : Un sentiment de découragement ou de frustration

L’éco-anxiété est profondément marquée par des émotions négatives. Vous pouvez être submergé par un réel sentiment de découragement, voire de désespoir. Vous avez l’impression que les initiatives individuelles et locales ne suffisent pas à faire bouger les lignes. Vous aimeriez plus que tout répondre à l’urgence écologique mais, face aux enjeux mondiaux complexes, vous vous dites que l’humanité fonce droit dans le mur.

Vous sentez que la frustration (voire la colère) s’empare de vous de plus en plus souvent. Vous aimeriez crier au monde entier de se réveiller et de passer à l’action. La résistance à la transition écologique de la part de certains acteurs politiques ou économiques vous révulse.

L’inaction collective vous irrite autant qu’elle vous angoisse. Il est probable que vous faisiez face à d’autres symptômes caractéristiques de l’anxiété généralisée : crises d’anxiété, crises d’angoisse (parfois la nuit), troubles alimentaires comme l’anorexie ou l’hyperphagie boulimique, troubles du sommeil, signes de dépression.

À lire aussi : Crise d’angoisse : 11 remèdes miracles à essayer dès maintenant

Symptôme n° 5 : Un isolement social

Autre symptôme caractéristique de l’éco-anxiété : vous vous sentez déconnecté des autres à cause de votre préoccupation majeure pour l’environnement. Il est possible que vous vous isoliez parce que vous peinez à vous rapprocher des gens qui partagent votre engagement. Ou, vous vous sentez incompris voire exclu par votre entourage qui ne se reconnaît pas dans votre sensibilité écologique et votre hypersensibilité émotionnelle.

Le retrait social peut venir de vous également. Pour vous protéger émotionnellement, vous préférez vous éloigner de certaines interactions sociales et ne pas entreprendre les échanges. Les nouvelles négatives et les défis auxquels la planète doit faire face vous submergent, au point que l’isolement vous apparaît comme l’un des seuls moyens de ne pas craquer. Ce comportement caractérise également les premières phases de la dépression.

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Évaluer le degré ressenti d’éco-anxiété

Pour mieux comprendre et évaluer le degré d’éco-anxiété des patients, les professionnels de santé ont mis en place depuis 2020 des échelles de mesure.

Les 5 degrés d’anxiété définis par Charline Schmerber dans son livre

Dans son Petit guide de survie pour éco-anxieux, Charline Schmerber propose un test à ses lecteurs afin de déterminer leur degré d’éco-anxiété. La psychothérapeute détermine cinq niveaux d’éco-anxiété, de l’éco-anxiété très légère à celle qu’elle qualifie de « pathologique ».

Degrés d’éco-anxiétéCaractéristiques
Absente ou très légèreAucune gêne sur le plan émotionnel et réflexif. Aucune influence sur les interactions sociales, professionnelles et personnelles.
Légère et/ou transitoireÉtat provoqué lorsque le sujet fait face à des stimuli directs ou indirects évoquant le dérèglement climatique.
ModéréeInquiétudes plus présentes, pouvant entraîner chez la personne une difficulté à gérer ses émotions. Éventuellement, difficulté à se concentrer et à produire des idées, manifestations somatiques ponctuelles.
ForteRuminations anxieuses envahissantes, entraînant des difficultés relationnelles avec les proches ou dans la sphère professionnelle. Phases d’abattement transitoires, stratégies pour gérer la dimension émotionnelle plus ou moins efficace.
PathologiqueConséquences délétères sur la qualité de vie au quotidien et provoquant une souffrance importante. Présence de pensées anxieuses obsessionnelles qui impactent la réflexion, impact sur la capacité à agir au quotidien (travail, liens sociaux). Signes physiques tels que tensions, perte de poids, insomnies, fatigue. Éco-paralysie possible (phase de sidération/figement où toute mise en mouvement est bloquée), voire épisode dépressif (mélancolie, dépression chronique).

Des échelles destinées à mesurer de l’éco-anxiété

Depuis 2020, les chercheurs créent des échelles (validées scientifiquement) afin de mesurer l’éco-anxiété chez les patients.

Des travaux de Susan Clayton et Bryan T. Karazsia, est né en 2020 un questionnaire de 22 items, composé de trois parties :

  1. Mesure du niveau d’anxiété lié aux problématiques écologiques,
  2. Évaluation de l’exposition aux manifestations environnementales,
  3. Niveau d’implication ou d’engagement dans la lutte contre la crise écologique.

En 2021, la chercheuse Teaghan Hogg a proposé une seconde échelle de mesure basée sur 13 questions. Cette dernière évalue l’intensité de l’éco-anxiété en repérant les symptômes liés à quatre grandes facettes multidimensionnelles : état émotionnel, éventuelles ruminations, répercussions dans le fonctionnement professionnel et sociétal, anxiété liée à l’impact négatif de l’activité humaine sur la planète.

Une échelle française pour mesurer l’éco-anxiété
Fin 2021, une équipe de chercheurs français a présenté la première échelle de mesure française, l’Échelle de mesure de l’éco-anxiété (EMEA). Cette dernière évalue trois grands pôles liés à l’éco-anxiété : les manifestations anxio-dépressives, l’impact sur le plan relationnel et les obsessions écologiques.

Comment gérer et lutter contre l’éco-anxiété et la solastalgie ?

Si vous pensez souffrir d’angoisse écologique, sachez que vous pouvez mettre en place des solutions concrètes pour réguler votre degré d’éco-anxiété ou de solastalgie.

Solution n° 1 : Limiter son exposition aux informations anxiogènes, une solution efficace

La surexposition aux informations anxiogènes alimente votre angoisse. Penchez-vous sur votre consommation médiatique et protégez-vous des actualités écologiques anxiogènes. Fixez-vous des limites quant au temps passé sur les réseaux sociaux. Tournez-vous également vers des contenus positifs et inspirants pour contrebalancer les sources d’information qui vous minent le moral.

Solution n° 2 : Travailler sur la gestion de ses émotions

Travaillez sur la gestion de vos émotions liées à l’environnement pour bénéficier d’une meilleure stabilité émotionnelle. Une prise de conscience sans jugement est un premier pas pour vous défaire de votre mal-être. Seul ou par l’intermédiaire d’un professionnel, apprenez des techniques pour mieux gérer votre stress chronique et calmer l’anxiété (respiration, méditation, yoga).

Solution n° 3 : Partager ce qu’on ressent avec d’autres personnes

Partagez votre ressenti avec d’autres personnes. Trouvez un espace de communication sécurisant, dans lequel vous pouvez exprimer vos préoccupations, vos peurs et vos émotions liées à la crise environnementale. Tournez-vous vers des collègues ou des amis bienveillants, des associations écologiques, ou encore des groupes de soutien consacrés à l’éco-anxiété.

Solution n° 4 : S’engager dans des actions en faveur de l’environnement

Autre levier pour transformer positivement votre éco-anxiété : l’engagement en faveur de l’environnement. En œuvrant pour le changement, vous inspirerez les autres à vous rejoindre, ce qui génère un fort sentiment d’espoir.

Engagez-vous dans des initiatives positives et constructives pour canaliser votre angoisse. Faire du bénévolat en faveur de l’environnement, rejoindre des associations locales, soutenir des projets axés sur le développement durable : il existe de nombreux moyens de passer à l’action en France.

Solution n° 5 : Se faire accompagner par un professionnel de santé

Si votre éco-anxiété s’accroît et s’ancre dans la durée, faites-vous épauler par un professionnel de santé mentale. Certains psychiatres, psychologues et psychothérapeutes sont spécialisés dans l’accompagnement des patients souffrant d’anxiété environnementale. Ces derniers vous offrent un espace bienveillant pour explorer vos émotions et développer des techniques de gestion du stress spécifiques à l’éco-anxiété et à la solastalgie.

Une nouvelle forme d’anxiété à ne pas ignorer
Face à la multiplication des catastrophes naturelles, l’anxiété s’accroît dans une large partie de la population. Si l’éco-anxiété n’est pas reconnue à ce jour comme une pathologie, on ne peut nier ses conséquences sur la santé mentale et son retentissement dans le fonctionnement quotidien. C’est pourquoi médecins, psychologues et psychothérapeutes sont de plus en plus nombreux à proposer un accompagnement adapté aux patients souffrant d’éco-anxiété.
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