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Surmonter un Stress Post Traumatique : 3 Techniques efficaces

Lucie M

Suite à des événements graves et psychiquement éprouvants, les risques d’apparition d’un état de stress post-traumatique (ESPT) sont accrus. En plus des Porter puis donner la vie sont des moments exceptionnels et extraordinaires dans la vie d’une femme. Ils sont également le synonyme de bouleversements sur bien des plans : hormonaux, affectifs et relationnels ; ils chamboulent la vie quotidienne.

La période suivant la naissance d’un enfant (le post-partum) est souvent considérée comme une phase de bonheur et de joie intenses. Cependant, pour certaines femmes, elle est assombrie par un trouble mental grave connu sous le nom de dépression post-partum. Cette pathologie, qui affecte les femmes après l’accouchement, diffère du « baby blues » plus courant et moins sévère.

La dépression du post-partum peut avoir un impact significatif sur sa vie, celle de son bébé et de sa famille dans son ensemble. Il est donc essentiel de comprendre la pathologie et d’en reconnaître les signes afin de pouvoir la traiter.

Qu’est-ce que la dépression post-partum ? (Définition)

Également connue sous le nom de dépression postnatale, ou de DPP, elle est un trouble de santé mentale qui se manifeste chez certaines femmes peu de temps après avoir donné naissance à un enfant.

La phase post-partum, aussi appelée puerpéralité, est une véritable mini-révolution sur le plan psychique, physique, affectif et bien évidemment hormonal. La charge émotionnelle et le stress qui l’accompagnent obligent à changer ses habitudes, à trouver de nouveaux repères et à passer de la vie de couple à celle de parents. Ces bouleversements peuvent être propices à l’apparition de la dépression post-partum.

La DPP se caractérise par des symptômes dépressifs persistants qui peuvent affecter considérablement la vie quotidienne de la mère, son bien-être émotionnel, sa relation avec son bébé et ses interactions avec les autres.

Elle survient le plus souvent entre 2 et 8 semaines après l’accouchement, mais reste possible jusqu’à un an après la naissance. La DPP n’est pas un simple sentiment de tristesse, mais une anxiété intense pouvant affecter la création des liens de l’attachement entre la mère et son bébé. Elle est générée par une impression d’être dépassée par les événements, la peur de ne pas parvenir à s’occuper de son nouveau-né et un doute sur ses capacités à être une “bonne mère”. La crainte irrationnelle que quelque chose de terrible va arriver à son enfant est fréquemment observée.

Notez que la dépression post-partum peut survenir chez n’importe quelle femme, indépendamment de son histoire personnelle ou de son statut socio-économique. Cette dépression est une maladie sérieuse et complexe qui nécessite une attention particulière. Si vous ou quelqu’un de votre entourage présentez ces symptômes, consultez un professionnel de santé qualifié pour un diagnostic et un traitement appropriés.

Quelques facteurs de risque évoqués
Si chaque femme peut être touchée, certains facteurs de risque semblent toutefois identifiés. C’est le cas notamment des antécédents de dépression (saisonnière, souriante, réactionnelle, mélancolique…) ou d’autres troubles de santé mentale, de difficultés relationnelles, de problèmes liés à la grossesse ou à l’accouchement, de manque de soutien social ainsi que de stress accru.

Baby blues ou dépression : comment les différencier ?

Comme évoqué en introduction, le baby blues est plus couramment retrouvé après l’accouchement que la dépression du post-partum. C’est une expérience émotionnelle normale et temporaire, souvent caractérisée par des sautes d’humeur, de l’anxiété et de la sensibilité accrue alors que la dépression est plus sévère et plus durable.

Le baby blues (aussi nommé syndrome du troisième jour) touche près de 60 % des femmes qui viennent d’accoucher : il est notamment dû à un effondrement de certaines hormones. Les mères qui en souffrent passent en quelques minutes du rire aux larmes ou de la joie au désespoir. L’évolution favorable, rapide (une dizaine de jours) en l’absence de traitement signe sa différence avec la dépression postnatale. Tous deux sont également différents de la déprime.

Baby bluesDépression post-partum
Touche 60 % des mèresTouche 10 à 15 % des mères
Expérience normale et temporaireTrouble sévère et durable
Évolution favorable sans traitementPrise en charge et traitement nécessaire
Sautes d’humeur

+ de l’anxiété et une sensibilité accrue

Anxiété intense

+ nombreux symptômes physiques et psychologiques

Quelle est la durée de la dépression postnatale ?

S’il n’y a pas de durée précise, car chaque mère est unique et différente, la DPP dure toujours plus de 2 semaines. Dans le cas contraire, il s’agit vraisemblablement d’un baby blues (la durée du baby blues est toujours de moins de 15 jours. La moyenne se situe entre 3 et 10 jours).

De plus, la durée de la pathologie va aussi être dépendante de sa prise en charge. Si elle est diagnostiquée tôt et traitée rapidement, la guérison interviendra plus précocement qu’une dépression qui n’est pas soignée.

Quels sont les symptômes de la dépression du post-partum ?

Les signes de la dépression postnatale sont assez similaires à ceux de la dépression chronique, pathologie découpée en 5 phases, notamment à cause de ses effets cliniques. Ils touchent de nombreuses sphères et affectent la mère tant sur le plan physique que psychologique et émotionnel.

De plus, cette forme de dépression peut possiblement évoluer vers un burn-out maternel ou parental, voire une psychose puerpérale. Un test de dépistage existe, n’hésitez pas à le demander si vous présentez les signes évoqués ici.

Les symptômes physiques fréquents

Les signes physiques sont nombreux dans la dépression du post-partum. Si vous en souffrez, vous avez sans nul doute constaté :

  • Une fatigue intense, un épuisement permanent
  • Des pleurs fréquents, inexpliqués et incontrôlables ;
  • Des changements dans votre appétit, voire des troubles du comportement alimentaire ;
  • Un manque chronique d’énergie, dû en particulier à la fatigue ;
  • Des troubles du sommeil : vous dormez trop ou pas assez ;
  • Une somnolence fréquente.
Les parents adoptifs aussi !
Souvent méconnue, la dépression postnatale est également possible chez les parents adoptants. Même si les changements hormonaux liés à l’accouchement ne peuvent être évoqués ici, la peur de ne pas être à la hauteur est bien présente. Dans la dépression postadoption, les parents ont habituellement le sentiment que les liens d’attachement avec l’enfant ne se passent pas comme ils l’avaient imaginé ou rêvé.

Les symptômes psychologiques omniprésents

Les signes psychologiques sont eux aussi nombreux et observés dans la plupart des cas, allant de l’irritabilité aux idées suicidaires. Prenez du recul durant quelques minutes et faites l’inventaire de vos ressentis. Si vous présentez une partie ou tous les symptômes suivants, il est important de briser le silence et de consulter.

  • Une irritabilité constante, tout vous agace ;
  • Une profonde tristesse sans raison apparente ;
  • Une tendance à vous isoler ;
  • Une faible estime de soi ;
  • Un sentiment de culpabilité et de dévalorisation : vous avez l’impression d’être un mauvais parent et de ne pas savoir comment faire ;
  • Des ruminations : des idées irrationnelles s’imposent à vous et vous pensez sans cesse au pire pour votre personne et votre enfant ;
  • Des interactions compliquées avec votre bébé, ce qui peut provoquer des troubles de l’attachement ;
  • Une perte d’envie et de volonté pour tous les actes de la vie quotidienne, un désintérêt pour les activités et une baisse de la libido ;
  • Une anxiété extrême, surtout au sujet du bien-être de votre nouveau-né ;
  • Des idées suicidaires.

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Les signes d’une dépression postnatale sévère et ses évolutions possibles

Lorsqu’elle s’intensifie et/ou qu’elle n’est pas prise en charge, la DPP présente alors deux évolutions possibles : le burn-out parental et la psychose puerpérale.

Le burn-out parental, un épuisement méconnu

Si l’on connaît parfaitement l’épuisement professionnel, très médiatisé, le burn-out parental est en revanche bien moins connu. Dû en particulier à une surcharge physique et mentale, il est d’autant plus fréquent dans les familles monoparentales, les parents d’enfants présentant un handicap, les familles ayant une situation économique précaire ou encore les parents aux plannings professionnels saturés.

Voici les principaux signes évocateurs de ce burn-out des parents :

  • Un épuisement physique et émotionnel ;
  • Une distanciation avec le bébé ;
  • Un sentiment d’échec dans son rôle de parent ;
  • Un manque de confiance en soi ;
  • Une démotivation et une perte de sens du rôle parental : vous ne prenez plus aucun plaisir à partager des moments avec votre enfant.

La psychose puerpérale, une folie maternelle

La psychose post-partum est une maladie rare, mais très grave qui apparaît dans les jours suivant l’accouchement. Ici, la mère est complètement déconnectée de la réalité, présentant des inquiétudes disproportionnées et souvent morbides.

Ce trouble mental grave, apparaissant classiquement entre les 5e et le 25e jour qui suivent la naissance, est considéré comme une urgence psychiatrique. En effet, les risques de suicide et/ou d’infanticide sont particulièrement importants. C’est pourquoi il faut agir rapidement.

La psychose puerpérale touche environ 1 femme sur 1 000, soit environ 1 000 femmes chaque année. Malheureusement, la gravité et la soudaineté du trouble (un coup de tonnerre dans un ciel serein) laissent souvent l’entourage complètement démuni, ne sachant quoi faire.

Les signes sont déstabilisants :

  • Une confusion mentale de plus en plus importante ;
  • Une anxiété permanente à laquelle s’ajoute un sentiment d’étrangeté, de dépersonnalisation, voire de véritables angoisses de mort imminente, comme dans certaines formes de mélancolie ;
  • Une désorientation temporo-spatiale ;
  • Des troubles majeurs du sommeil ;
  • Une agitation psychomotrice importante, voire de la panique sans cause réelle ;
  • Des crises d’angoisse ;
  • Des propos incohérents ;
  • Un sentiment d’insécurité permanent, une peur d’être surveillée et tuée ;
  • Des hallucinations auditives et visuelles axées sur la maternité : impression que le bébé n’est pas le sien, qu’il a été substitué par un autre, qu’il est malade, qu’il présente un handicap ou encore qu’il est frappé d’une malédiction démoniaque.

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Test de dépistage : comment savoir si je fais une dépression post-partum ?

Une échelle d’auto-évaluation (EPDS : Edinburgh Postnatal Depression Scale) constituée de 10 questions a été élaborée par les docteurs Cox, Holden et Sagovsky en 1987. Ce questionnaire est extrêmement simple d’utilisation et peut être proposé à toutes les femmes qui viennent d’accoucher.

L’évaluation EPDS permet de donner un premier aperçu de l’état de santé psychologique de la mère et de dépister précocement un risque ou une entrée dans la DPP.

Reconnaître la dépression postnatale pour mieux la traiter

La dépression du post-partum touche environ 15 % des femmes dans les semaines qui suivent l’accouchement. Si elle n’est pas sans conséquence sur le bien-être de la mère, du père et de l’enfant, il est néanmoins possible de sortir de la dépression. Pour un traitement précoce et pour pouvoir donner l’alerte, il faut connaître sa définition, ses signes et sa durée.

Cette dépression particulière ne doit pas rester taboue, par crainte du jugement. Si la société bien-pensante estime que la femme qui vient de donner naissance se doit d’être heureuse et pleinement épanouie, rappelons ici que ce n’est pas toujours le cas. Il ne convient pas alors d’apporter son opinion, mais plutôt d’opter pour un rapport de bienveillance, d’empathie et porter secours.

« >symptômes propres au PTSD, des tests psychologiques existent pour évaluer votre état psychique avec l’aide d’un professionnel. Une fois l’ESPT diagnostiqué, la prise en charge est essentielle pour guérir et repose généralement sur une psychothérapie combinée à un traitement médicamenteux. Alors comment savoir si vous souffrez de stress post-traumatique et comment soigner ce trouble ?

Comment savoir si l’on souffre de stress post-traumatique ? Les tests

Suite à des événements graves et psychiquement éprouvants, les risques d’apparition d’un TSPT sont accrus. Si vous avez un doute sur votre état, il est préférable d’effectuer un test.

Il existe des tests qui permettent d’évaluer votre état psychique. La Clinician Administered PTSD Scale (CAPS-5) est l’échelle de référence utilisée par tous les thérapeutes pour évaluer le TSPT. L’évaluation est menée uniquement par un clinicien spécialiste de la santé mentale comme un psychologue. Elle vise à mesurer deux variables : l’intensité et la fréquence des symptômes. Les 30 items abordés au cours de l’entretien reposent sur les critères établis dans le DSM-5 concernant le trouble.

Il est également possible d’évaluer votre TSPT à travers des tests effectués à échelle individuelle :

  • Le Post-Traumatic Stress Disorder Checklist for DSM-5 (PCL-5) : cette auto-évaluation se rapporte sur 20 items permettant de mesurer sur une échelle de 0 à 4, les 20 symptômes du TSPT selon le DSM-5. Une fois les questionnaires renseignés, l’interprétation des résultats doit se faire par un professionnel de la santé.
  • Le Trauma Screening Questionnaire (TSQ) : 3 à 4 semaines après le trauma, le patient peut effectuer cette évaluation comportant 10 items.
  • L’Impact of Event Scale-Revised (IES-R): c’est le questionnaire auto-reporté le plus ancien. Sur une échelle de 0 à 4, on mesure le stress post-traumatique et l’efficacité de traitement. Il ne s’agit donc pas d’un outil de diagnostic.
  • Le Children’s Revised Impacts of Event Scale (CRIES-13) : il s’agit d’une adaptation du test IES-R destinée aux enfants.
  • Le Life Event Checklisr for DSM-5 (LEC-5) : composé de 16 items, ce questionnaire permet d’identifier les événements traumatiques vécus par le patient.
  • Le Short PTSD Rating Interview ou SPRINT : il s’agit d’une version raccourcie de dépistage du TSPT. Le questionnaire est composé de 8 items évalués sur 4 niveaux.

Comment soigner le stress post-traumatique ?

Avec le temps, les symptômes liés au stress post-traumatique finissent parfois par disparaître chez certaines personnes. Toutefois, dans la majorité des cas et pour éviter de développer d’autres troubles mentaux sous-jacents, un accompagnement médical effectué par un psychologue ou un psychiatre est préconisé.

Les traitements du TSPT reposent principalement sur un suivi thérapeutique parfois combiné à une prescription médicamenteuse.

1. La thérapie comportementale et cognitive

La thérapie comportementale et cognitive (TCC) est une forme de thérapie dans laquelle le traitement cible principalement les symptômes ainsi que les ressentis du patient. L’objectif est donc d’aborder toutes les composantes du stress afin de retrouver bien-être, équilibre émotionnel et sérénité.

Le thérapeute identifie alors les cognitions (inconscientes ou conscientes) du patient ainsi que les comportements qui en découlent. À l’issue de la thérapie, les émotions et l’aspect cognitif et comportemental seront ajustés de manière à être plus en phase avec l’environnement du patient.

Cette approche s’articule autour de 3 composantes principales :

  • La technique d’exposition : qui utilise des stimuli anxiogènes et traumatiques pour confronter le patient et l’aider à réduire ses angoisses.
  • La restructuration cognitive : ce mécanisme vise à modifier et restructurer les schémas de pensée irrationnels du patient. Elle aide ce dernier à aborder la problématique d’une manière plus adaptée et plus réaliste.
  • La gestion du stress : pendant la thérapie, de nombreuses stratégies sont abordées afin d’amenuiser les effets du stress sur le bien-être physique et mental du patient.

2. L’EMDR

L’EMDR ou Eye Movement Desensitization and Reprocessing est une technique découverte en 1987. Elle a pour but de soulager les pensées et émotions négatives via le mouvement des yeux. Depuis son élaboration, elle est utilisée dans plusieurs cabinets de thérapeutes pour soigner les troubles anxieux qui apparaissent suite à une situation traumatisante.

Après avoir établi une relation thérapeutique solide et bienveillante, le psychothérapeute va demander au patient d’identifier un moment spécifique du traumatisme tout en laissant libre cours aux émotions négatives et perturbantes qui y sont liées. Pendant ce temps, le patient est invité à suivre du regard (de gauche à droite) le doigt de son thérapeute tout en se concentrant sur les sensations physiques ressenties durant le traumatisme.

En dehors de ces mouvements oculaires, l’activation bilatérale s’effectue également via des tapotements alternés au niveau des mains ou des genoux ou des stimuli sensoriels (principalement auditifs).

Comment l’EMDR agit-elle sur le TSPT ?
À la suite de plusieurs séances, l’EMDR aide le cerveau du patient à retraiter les informations concernant le traumatisme et les remodèle afin d’en désencombrer les pensées négatives et les charges affectives qui y sont liées.

3. Le traitement médicamenteux

La prise en charge par médicaments via des antidépresseurs constitue également une solution efficace pour réduire, voire éliminer les symptômes du TSPT. Généralement, on utilise cette alternative dans l’optique d’un traitement de première intention.

L’anxiété et le trouble dépressif associé au syndrome sont ainsi traités par des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. Attention, seul un professionnel de la santé peut vous prescrire un traitement médicamenteux.

Il est possible de soigner le stress post-traumatique

Avec ses nombreux symptômes difficiles à endurer au quotidien, l’état de stress post-traumatique est un trouble psychique dont il est pourtant possible de se libérer. Pour y parvenir, le diagnostic est essentiel, car on ne peut pas guérir ce qu’il n’est pas reconnu. Plusieurs tests psychologiques existent, à réaliser avec un psychologue ou un psychiatre pour obtenir un diagnostic complet de votre situation.

La prise en charge thérapeutique repose sur une psychothérapie adaptée voire combinée (TCC, EMDR) et se voit parfois compléter par un traitement médicamenteux pour réduire les symptômes les plus handicapants. Surtout, consultez rapidement un professionnel de santé si vous présentez des symptômes de stress post-traumatique.

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